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QUELQUES chiffres

6 médecins sur 10 ne se sentent pas suffisamment formés pour repérer et accompagner les victimes de violences conjugales

1 patiente sur 3 pourrait être concernée… mais la question n’est posée que dans 3 % des consultations en médecine générale (HAS)

83 % des femmes trouvent légitime qu’un professionnel de santé aborde le sujet. (citer étude)

MÉcanismes des violences

Il est important de garder en tête que la victime continue d’avoir besoin d’accompagnement et que chaque échange participe à son cheminement.

Ce cycle repose sur une alternance de phases :

  • tension
  • explosion
  • justification
  • “lune de miel”

Au fil de ces phases, la victime :

  • tente d’apaiser la situation et d’éviter les conflits
  • fait attention à ses paroles et comportements
  • oscille entre peur, incompréhension, espoir de changement et minimisation des faits

Ces mécanismes ont un impact direct sur la santé physique et psychique des victimes.

En moyenne, il faut 6 à 7 tentatives de départ avant une séparation définitive.

➡️ Ce phénomène peut générer de l’incompréhension chez les professionnels, mais il s’explique par la puissance de l’emprise.
Il est important de garder en tête que la victime continue d’avoir besoin d’accompagnement et que chaque échange participe à son cheminement.

Les violences ne sont pas uniquement physiques. Elles peuvent être multiples et souvent invisibles.

  • Physiques : coups, strangulation, brûlures
  • Psychologiques/psychiques : menaces de suicide si la victime quitte la relation, menace sur les enfants, contrôle, surveillance…). Patientes surmenées, état dépressif.
  • Verbales : humiliations, dévalorisation, critiques constantes, moqueries en public. Patientes avec une discours dévalorisant ou réducteur.
  • Sexuelles : viols, agressions sexuelles, y compris au sein du couple (les victimes n’identifient pas toujours ces situations comme des violences)
  • Administratives : contrôle du courrier, confiscation ou rétention de documents (papiers d’identité, documents bancaires ou fiscaux…)
  • Financières : contrôle des dépenses, absence de compte personnel, argent donné de manière limitée, impossibilité d’épargner

👉 En consultation, soyez attentif aux signaux faibles :

  • discours dévalorisant
  • minimisation
  • hypervigilance ou retrait
  • consultations répétées sans cause claire

Les violences ont des impacts majeurs, souvent sous-estimés, sur la santé globale des victimes.

Physiques

  • fractures, hématomes, contusions
  • douleurs persistantes ou inexpliquées

Psychiques

  • risque de tentative de suicide multiplié par 5
  • stress constant (80% des victimes), anxiété, état dépressif (50%)
  • consommation accrue d’alcool, de médicaments psychotropes, de cannabis ou d’autres substances (30 à 40%)

Santé sexuelle et gynécologique

  • lésions de la sphère gynécologique
  • douleurs lors des rapports (dyspareunies), vaginisme
  • troubles du cycle, anorgasmie
  • augmentation des IVG répétées et des fausses couches

Grossesse

  • début ou aggravation des violences
  • risques pour la mère et l’enfant : hématomes rétro-utérins, décollement placentaire, travail prématuré, rupture utérine
  • poids de naissance plus faible, accouchements prématurés
  • risque accru de dépression et de rupture du suivi médical (pré et post-natal)

Pathologies chroniques

  • HTA, diabète, hypercholestérolémie, troubles thyroïdiens
  • maladies parfois difficiles à stabiliser malgré les traitements

Dissociation traumatique

  • troubles des repères (temps, mémoire), récit parfois confus ou incomplet
  • anesthésie émotionnelle, apathie, dépersonnalisation
  • tolérance accrue à la douleur

👉 L’OMS estime une perte de 2 à 4 années de vie en bonne santé chez les victimes.

Sources : Daligand, Imoudache, Gigout

Frein n°1 : « Je ne suis pas formé / pas à l’aise »

C’est le frein le plus fréquent… mais aussi le plus dépassable.

Les études montrent que la formation permet :

  • d’augmenter la confiance des professionnels
  • de mieux repérer les victimes
  • d’orienter plus facilement vers les bons relais

Concrètement, pour démarrer :

  • connaître les ressources locales
  • connaître le cadre légal
  • comprendre les mécanismes des violences

Vous n’avez pas besoin d’être “expert” pour poser la question.

Consultez notre page « Ressources utiles »

Sources : Babichina, 2020 / Rivas&Coll, 2019

En pratique, le repérage ne rallonge pas significativement la consultation.

  • Les outils (WAST, HITS…) prennent en moyenne 4 minutes (liens vers les outils)
  • Les médecins ayant testé ces outils ne rapportent aucun impact majeur sur leur planning

Le repérage précoce permet d’éviter des situations plus graves, parfois vitales.

Sources : Peiffer,2020 / Babichina, 2020

  • Beaucoup de victimes trouvent normal qu’on leur pose la question de l’existence de violence au sein du couple.
  • Entre 70 et 81% des femmes souhaiteraient que le professionnel de santé ouvre le sujet

Sources : Peiffer,2020

Voici quelques outils qui permettent d’amorcer la discussion sans être intrusif :

  • WAST, WAST-Short, HITS : rapides, faciles à utiliser
  • EPDS : utile notamment en période périnatale

Découvrez tous les outils

Au contraire, les professionnels de santé sont en première ligne pour repérer les violences.

Tous les métiers sont concernés :

  • le temps de consultation ou de soin peut favoriser la confidence (notamment en paramédical)
  • certaines atteintes sont directement visibles selon les pratiques

Des rôles reconnus selon les professions :

  • kinésithérapeutes : relation de soin prolongée, propice à l’échange
  • chirurgiens-dentistes : fréquemment confrontés à des traumatismes bucco-dentaires liés aux violences
  • sages-femmes et gynécologues : suivi régulier, notamment en période périnatale, à risque accru

Le repérage ne repose pas sur une spécialité il peut s’inscrire dans toute situation de soin.

Étape 1 : ouvrir la discussion

Le repérage commence par une question simple, posée dans un cadre sécurisant.

Exemples :

  • “Comment ça se passe à la maison ?”
  • “Vous sentez-vous en sécurité ?”
  • “Est-ce qu’il y a des choses dont vous aimeriez me parler ?”

Vous pouvez aussi proposer un questionnaire (WAST, HITS, EPDS) pour faciliter l’échange.

  • Écouter sans juger
  • Respecter le rythme de la victime
  • Ne pas minimiser ni s’emporter
  • Reformuler si besoin

Si le/la partenaire est présent(e), trouver un prétexte pour recevoir la personne seule.

Si la victime se confie :

  • la laisser parler librement
  • ne pas interrompre
  • noter les éléments si nécessaire

Ces informations pourront être utiles pour un certificat, une attestation ou un signalement.

Adapter votre réponse en fonction de la situation :

En cas de danger immédiat

  • appeler le 17
  • contacter le procureur de la République + tel
  • mobiliser un hébergement d’urgence (association du secteur : Solidarité femmes 85, mairies…)

Besoin de prise en charge médicale

Maison des femmes – La Roche-sur-Yon

Lieu de prise en charge globale (médicale, psychologique, sociale)

📞 02 51 08 54 54

Besoin d’accompagnement social ou juridique

  • France Victimes 85 : 02 44 40 85 15 (La Roche/Yon) / 02 51 23 52 63 (LSD)
  • CIDFF Vendée : 02 51 08 84 84 (La Roche/Yon)
  • Solidarité Femmes 85 : 02 51 47 77 59 (24h/24 – 7j/7)
  • Point justice-Maison de l’avocat de La Roche/Yon : 02 51 36 14 99

Informer sur les dispositifs :

  • Pack Nouveau Départ : pour faciliter les démarches lors du départ des victimes) (lien ressources)
  • Aide universelle d’urgence (CAF) : pour aider à couvrir les dépenses lors du départ des victimes)

Besoin de documents médicaux

Rédiger un certificat ou une attestation, modèles disponibles :
https://arretonslesviolences.gouv.fr/je-suis-professionnel/les-ecrits-professionnels

Rédiger un signalement, modèle de courrier : lien doc

Découvrez toutes les ressources

L’article 226-14 du code pénal autorise la levée du secret professionnel en cas de danger immédiat.

Même sans consentement, vous pouvez :

  • alerter le procureur
  • signaler une situation préoccupante aux autorités

Voir si image « Face aux violences » ou site ressource

Questionnaires rapides (moins de 4 min)

  • WAST (Woman Abuse Screening Tool)
    • WAST-Short : version très rapide (2 questions) pour amorcer la discussion
    • WAST complet : permet d’approfondir si besoin

 À utiliser si vous suspectez une situation sans révélation claire

Score ≥ 5 : suspicion forte de violences

Télécharger WAST

  • HITS (Hurt, Insult, Threaten, Scream)
    • Questionnaire court, facile à intégrer en consultation
    • Non genré (adapté à tous les patients)
    • N’aborde pas les violences sexuelles → penser à poser la question en complément
    • Validé scientifiquement

À utiliser en dépistage rapide ou systématique.
Score ≥ 10 (femme) / 11 (homme) : suspicion forte

Télécharger HITS

Plus d’informations sur HITS

  • EPDS (Échelle de dépression post-partum)
    • Outil de dépistage de la dépression post-partum
    • Peut servir de porte d’entrée pour aborder les violences, fréquentes en période périnatale

À utiliser chez les femmes enceintes ou en post-partum.
Permet d’ouvrir le dialogue sur la situation personnelle et familiale.

Télécharger EPDS

Autres outils

  • Violentomètre
    • Outil visuel permettant d’évaluer le niveau de danger dans la relation
    • Utile pour aider la victime à prendre conscience de la situation
    • Permet une première prise de conscience, en autonomie

Télécharger le violentomètre

  • « Violences conjugales : en parler pour mieux les repérer » – intervention du Dr Ghada Hatem – (HAS)

Programme 

    • Comment mieux repérer vos patientes victimes de violences ?
    • Quels outils et ressources sont à votre disposition ? Partages d’expériences de professionnels
    • Quelles sont les responsabilités médicales et déontologiques ?
    • Comprendre le phénomène d’emprise et le contrôle coercitif
    • Session de questions/réponses

Lien vers la vidéo

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